2. FRANCE. Le président Macron aurait-il oublié le rôle de la Russie lors des conflits de 1914-1918 et de 1939-1945?

in Conflicts 2018 · Europe 2018 · Finance 2018 · FR · Macron 2018 · Person 2018 · Politics 2018 · Skepticism 2018 · The Best · YOUTUBE 2018 143 views / 9 comments
          
66% посетителей прочитало эту публикацию

Балканы        Балтийская    Германия     Франция     Европа        Россия     Дунай

GEOMETR.IT     atlantico.fr

 

* Lorque de Gaulle prônait l’émergence d’une  “EUROPE   EUROPEENNE”, elle devait bien s’émanciper des Etats-Unis et en même temps construire une architecture de sécurité   AVEC  LA  RUSSIE.

YOUTUBE 20181914-1918. La grande guerre est déclarée. Documentaire Histoire.

YOUTUBE 2018The Battle of Verdun through June 1916, with a brief look at the civilian life in France at the time.

YOUTUBE 201811 novembre 1918, le dernier assaut pour l’armistice.

*

Emmanuel Macron a entamé une tournée commémorative, cent ans après la fin de la Première Guerre mondiale. Le mardi 6 novembre 2018, il était à Verdun, capitale de la paix, lieu plus que symbolique où, en 843, s’affirmèrent pour la première fois, dans un texte officiel, clairement, une langue “française” et une langue “allemande”, base de la construction progressive des Etats nationaux.

C’est à Verdun toujours qu’un millénaire plus tard la France et l’Allemagne, lointaines héritières de la “Francie occidentale” et de la “Francie orientale”, se livrèrent à la plus terrible bataille de la Première Guerre mondiale.

En dix mois, 700 000 soldats en tout furent tués, presque autant du côté allemand que du côté français. C’est le moment de se souvenir.

   (  02  )

     On y voit Michael Rühle, collaborateur allemand de l’OTAN, y refuser l’idée que l’Allemagne puisse signer le nouveau traité des Nations Unies sur l’interdiction des armes nucléaires. Pour autant Rühle, tout comme Wolfgang Ischinger, président de la Conférence sur la Sécurité de Munich, ne reprennent pas à leur compte  la perspective d’une “bombe nucléaire allemande”.

Ils savent qu’elle susciterait aussitôt une réconciliation des Etats-Unis et de la Russie aux dépens de l’Allemagne. Mais alors, comment combiner le respect apparent de la dénucléarisation de l’Allemagne réunifiée et l’envie de plus en plus affirmée d’une partie du monde dirigeant allemand de pouvoir inclure l’arme nucléaire dans sa stratégie?

1914-1918. La grande guerre est déclarée. Documentaire Histoire.

Wolfgang Ischinger pose ouvertement la question d’une extension de la dissuasion nucléaire française à l’Union Européenne et d’un co-financement allemand.

Dans le même numéro d’Internationale Politik, le Français Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la Recherche stratégique, écarte l’idée d’un co-financement ou d’un partage de la dissuasion au sens plein du terme, mais l’expert français n’exclut pas, en cas de retrait américain d’Europe, que la France puisse stationner quelques têtes nucléaires en Allemagne et en Pologne et que les pays ne disposant pas de la bombe s’engagent, eux, à procurer un soutien conventionnel à une attaque nucléaire française. 

*    Mais que voudrait dire des armes nucléaires françaises stationnées en Allemagne et en Pologne sinon une déclaration de guerre (froide) à la Russie?

Sommes-nous vraiment sûrs que c’est ce que nous voulons, nous autres peuples d’Europe?

Et puis, que signifie cette envie soudaine de se débarrasser de la présence américaine en Europe depuis que le président Trump a exigé une augmentation des contributions des membres européens de l’OTAN au budget de la défense occidentale?

Croit-on vraiment que des pays qui ont besoin qu’on exerce sur eux, comme l’a fait le président américain, une pression considérable pour augmenter leur budget de la défense se laisseront entraîner dans l’effort nécessaire pour créer une défense crédible face à une Russie traitée en ennemie – et qui est aujourd’hui, qualitativement, la meilleure armée du monde?

Tout ceci, au fond, n’est pas vraiment pensé. Et ajoutons, pour finir que cette Europe qu’on nous propose est singulièrement dénuée de repères historiques, d’éthique et de valeurs.

La seule convergence franco-allemande possible: en communauté de valeurs avec les аnglo-saxons et en paix avec la Russie

Passons rapidement en revue le siècle qui nous sépare de la fin de la Première Guerre mondiale. Dès l’entre-deux-guerres, on voit que l’Allemagne est traversée par une double aspiration:

celle d’une entente avec les Etats-Unis (pour sa démocratisation); et celle d’une entente avec la Russie (pour garantir la paix de l’Europe). Hitler s’oppose à cette double aspiration; et, profitant de la crise pour arriver au pouvoir, il emmène l’Allemagne dans une fuite en avant mortifère qui débouche sur une guerre contre, à la fois, les Etats-Unis et la Russie soviétique.

The Battle of Verdun through June 1916, with a brief look at the civilian life in France at the time.

Après 1945, l’extraordinaire intelligence collective dont fait preuve l’Europe, la grande Europe, avec ses « pères fondateurs », Schuman et Monnet, de Gaulle et Adenauer, Jean XXIII et Willy Brandt, Margaret Thatcher et Mikhaïl Gorbatchev, Jean-Paul II et Vaclav Havel, pour énumérer les plus importants d’entre eux, permet, au bout du compte, la réconciliation du tropisme américain et du tropisme russe de l’Allemagne.

L’Allemagne sait depuis Bismarck que la paix en Europe n’est garantie que si elle s’entend étroitement avec la Russie; mais elle sait aussi, depuis Stresemann, que ce n’est pas en Russie mais en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis qu’elle doit aller chercher la recette de sa démocratisation.

Voilà pourquoi la France, si elle veut travailler opportunément avec l’Allemagne à l’organisation du continent, ne peut en aucun cas encourager l’Allemagne à se couper à la fois des Etats-Unis et de la Russie. Or c’est bien la pente sur laquelle Emmanuel Macron est en train de se laisser entraîner.

Non, notre vocation est de suivre une autre voie! Mais une voie, comme l’avait montré le Général de Gaulle, qui est convergente avec les intérêts profonds de l’Allemagne et de l’Europe. La République française est soeur des deux autres grandes nations qui ont inventé la liberté.

Nous ne devons en aucun cas accepter une Europe qui se coupe de Londres ni de Washington. De Gaulle a toujours su, de l’appel du 18 juin à la crise des missiles de Cuba, que dans les grandes crises nous étions aux côtés des Britanniques et des Américains.

Mais nous ne devons pas pour autant nous laisser entraîner dans la tendance fréquente des Américains et des Britanniques à la confrontation avec la Russie. De Gaulle a voulu la bombe atomique pour la France de manière à ne pas dépendre des soeurs anglo-saxonnes, à pouvoir dire non le jour où elles s’emballeraient (pensons au refus français de la guerre en Irak en 2003, soutenu par l’Allemagne et la Russie).

En revanche, il était impensable pour de Gaulle de « partager la dissuasion », en particulier de laisser nos cousins germains s’approcher de l’arme nucléaire. Laisser faire cela aurait été pour lui:

1.    Nier le sacrifice de millions de Français et d’autres Européens pour abattre le militarisme allemand;

2.    entériner la coupure de l’Europe d’avec la Russie;

3.    et même ne pas laisser d’autre choix à la Russie, au bout du compte que la confrontation avec le reste de l’Europe.

Le raisonnement gaullien est encore plus valable aujourd’hui:  sans une entente avec la Russie, comment pouvons-nous sérieusement penser placer le continent européen en situation d’équilibre avec l’Asie?

Comment pouvons-nous prétendre, en 2018, combattre sérieusement l’islamisme et ses milices sans une coopération étroite avec Moscou?

 11 novembre 1918, le dernier assaut pour l’armistice.

*

Alors oui, vive la paix! Mais pas une fake peace, grosse d’affrontements imprévus et incontrôlables, où l’on désigne la Russie comme ennemie. 

Vive la réconciliation franco-allemande! Mais fondée sur une vision globale des intérêts de l’Europe, dont nous ne voulons pas qu’elle devienne définitivement, pour reprendre la formule de Paul Valéry au lendemain de la Grande Guerre, un simple « cap de l’Asie ».

Vive « l’Europe européenne »! Mais fondée sur le bon sens de ses peuples et non sur les élucubrations idéologiques de dirigeants sans repères.

Edouard Husson – Atlantico, Le Figaro

Edouard Husson, Francе – est spécialiste d’histoire politique contemporaine, en particulier de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne. Il est professeur à l’Institut Franco-Allemand d’Etudes Européennes (Université de Cergy-Pontoise). Il a été membre du cabinet de Valérie Pécresse, avant d’être vice-chancelier des universités de Paris puis directeur général d’ESCP Europe et, enfin, vice-président de l’université Paris Sciences et Lettres. Il est membre du conseil scientifique de la Fondation Charles de Gaulle.

*  2 – La publication n’est pas un éditorial. Cela reflète la position et l’argument de l’auteur. L’original est posté à: http://www.atlantico.fr

* * *

FEAR. FEAR. Трамп в Белом доме. По книге R. Woodward`a 24.09.2018

THE WEST. Есть ли у Европы Воля к Выживанию? 24.09.2018

ЕВРОПА и Членовредительство Её 24.09.2018

Ребята, Евросоюз — это 28 козлов отпущения! 24.09.2018

Тriangle Москва-Стамбул-Будапешт или ТРЕУХ?  24.09.2018

Немецкая Тюрьма — это Соленная Свинячья Голова 24.09.2018

АНТИФА КАК ФА? 24.09.2018

Trudności po bałkańsku  24.09.2018

GEOMETR.IT

9 Comments

  1. Si demain les États-Unis supprimaient leurs missiles en Europe – hypothèse d’école – il faudrait être un sacré bisounours, ce que n’est pas Micron au demeurant, pour s’imaginer que les popovs feraient de même.

  2. Heureusement que sur l’échiquier européen et donc mondial, la France n’est plus qu’un acteur mineur. Finalement les bêtises que débite son président ne froissent que ses penseurs, intellectuels et autres historiens.

  3. Notre grande nation n’a plus vocation à éclairer le monde depuis longtemps, on se console comme on peut d’avoir un Macron comme président et un Philippe comme premier ministre.

  4. Macron est formaté par l’ENA des années 90 et par les banquiers de l’époque. Dans tous les domaines il est aligné sur le globalisme américain ultralibéral!Il n’a fait aucun bilan des résultats de ce système qu’il veut nous appliquer alors que ses inventeurs sont en plein chaos avec le Brexit pour l’UK, Trump pour les USA.

  5. Et pourtant s’il ya une guerre elle sera électronique et dans l’espace….nous sommes devenus totalement dépendant de la technologie Pour ne pas se faire écraser il faut donc de toute urgence , être à la pointe du progrès .

  6. Il faut un financement énorme que la France seule n’a pas et donc arriver à convaincre des pays européens 1/ que le but n’est pas d’attaquer qui que ce soit mais comme la Suisse diriger la défense commun impératif du pays”Europe” 2/ que les USA avec “America First” sont des concurrents.

  7. Dassault en sait quelque chose il n’arrive plus à revendre ses rafales à cause d’une petite pièce américaine . Penser à autre chose est une douce rêverie Nous sommes loin d’y arriver, la Belgique la Pologne, l’Allemagne s’équipant Américain..Europe ?

  8. Aujourd’hui encore, les peuples d’Europe “sont traversés par une double aspiration: celle d’une entente avec les Etats-Unis (pour sa démocratisation); et celle d’une entente avec la Russie (pour garantir la paix de l’Europe)”. Il faut de toute urgence empêcher de nuire ce président mal élu qui se trompe d’ennemi.

Добавить комментарий

Your email address will not be published.